Des personnes s'ingénient à outrepasser leur devoir en interdisant l'accès de l'OMC à un journaliste africain (votre serviteur), le seul Sénégalais à être accrédité depuis la création de l'ONU en 1945 comme correspondant de presse au sein des Nations Unies.
L'incident s'est passé ce week-end ; aujourd'hui, je me rendrai à l'OMC. Et je tiens l'opinion internationale à témoin car la discrimination n'a pas sa place dans une institution multilatérale et dans une Ville comme Genève qui promeut les Droits de l'Homme et la Justice pour Tous. ( Voici la lettre adressée au Français Pascal Lamy).
Monsieur le Directeur Général,
Il m'a été donné de constater, à maintes reprises, et avec regret, une discrimination de votre Service de Presse à mon égard.
La dernière en date : le vendredi 25 juillet où je me suis rendu à l'OMC le soir pour suivre les travaux, comme une bonne partie de la presse internationale accréditée à l'ONU.
Quelle ne fut pas ma surprise quand, arrivé au seuil de la porte et après avoir bien montré mon badge - ONU, du reste très visible car accroché au cou, un des agents m'a dit « OK, c'est bon ». Et au moment de franchir la porte, un autre est intervenu pour me demander de montrer mon badge, ce que je fis, alors qu'il était à 50 cm de son collègue.
Le deuxième homme proposé à la sécurité m'a dit que j'avais « besoin d'une deuxième accréditation ». J'ai alors dit « Ok, et c'est où? ». Il m'a montré le bâtiment préfabriqué à hauteur de l'entrée. J'y ai trouvé deux femmes et deux hommes, l'une au téléphone, les trois autres en train de parler.
Je me suis alors, présenté et ai expliqué la situation. Celle qui s'occupait de la presse était au téléphone, m'a –t- on signalé. J'ai demandé si les autres pouvaient s'occuper de moi. On m'a dit que pour la presse, il y a une personne indiquée : celle, donc, au téléphone.
Après son coup de fil, cette dernière, m'a tout simplement dit qu'elle attendait un téléphone. Elle ne m'a même pas demandé ce que je cherchais. Je suis sorti, le temps d'une attente au délai improbable, joindre au téléphone mes collègues qui étaient déjà à l'intérieur du bâtiment pour savoir si des conditions nouvelles avaient été édictées à mon insu.
C'est à ce moment qu'un autre Monsieur de la sécurité est venu me demander d'un ton sec et arrogant, et en me poussant, de sortir du périmètre de l'OMC.
Je lui ai dit que j'attendais une réponse. Il a continué à me pousser. Je lui ai dit de ne pas me toucher et de ne pas, par ailleurs, me parler sur ce ton.
J'ai rejoint alors le bâtiment pour les accréditations. Il m'a poursuivi et là, les deux hommes qui y étaient et qui disent, finalement, travailler pour la sécurité, m'ont empêché de pénétrer dans le bâtiment. D'ailleurs, l'un d'eux a proclamé qu'il était Sénégalais comme moi. Il m'a dit que comme « je suis énervé, il ne me laissera pas entrer ».
Je lui ai dit « je m'en fous qu'il soit Sénégalais, pour moi ce qui importe, ce sont les principes. Ai-je le droit ou non d'entrer dans l'immeuble comme mes confrères ? ».
Un des responsables de la sécurité est alors venu me demander ce que j'attendais ; je lui ai expliqué ce qui se passait et lui ai fait part du comportement agressif de son collègue. Il m'a dit « vous voyez que moi, je ne le suis pas ». J'ai acquiescé. Il m'a dit d'attendre qu'il aille se renseigner. Il est revenu pour me dire qu'on lui a dit que « l'accès m'a été refusé ». Par qui ?
JE N'AI ALORS OPPOSE AUCUNE RESISTANCE NI PROFERE AUCUNE PROTESTATION.
JE SUIS SORTI SOUS LES REGARDS, COMME UN MALFRAT, DU BATIMENT DE L'OMC.
Sur le chemin du retour à l'ONU, des collègues européens rencontrés se sont indignés et m'ont dit « NON, seul le badge ONU suffit ». Ce que je savais, du reste, car lors de nos briefings à l'ONU, ce fait nous a été rappelé. Le Service de presse de l'ONU m'a dit que j'étais bien dans mon droit.
J'ai laissé par ailleurs un message à M. Rockwell. Sans réaction de sa part.
Monsieur le Directeur Général, je voudrais vous demander :
-1- Une confrontation d'homme à homme avec ceux qui m'ont interdit l'accès pour corroborer ou infirmer mes propos
-2- Si c'est vous qui avez donné des ordres discriminants envers moi, pour quelles raisons ?
Dans l'espoir d'une clarification de cette situation, je vous prie d'agréer, M. LAMY, l'expression de mes sentiments distingués.
L'Intéressé :
M. NDOYE, El Hadji Gorgui Wade
Journaliste sénégalais
Correspondant de BBC-Afrique-Londres
Correspondant de Sud-Quotidien- Sénégal
Téléphone : 076-203-61-62
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