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Wade un président qui dérangePar Bacar DIA
L’Afrique a toujours résisté et devra continuer à résister. Cette vérité simple a été largement prouvée dans « Un destin pour l’Afrique », cette œuvre du Professeur Abdoulaye WADE, parue depuis 1989 aux éditions Karthala.
Face aux formes modernes d’agression dont le continent africain fait l’objet, il faudra nécessairement trouver des modes de résistances adaptées.
Les luttes anticolonialistes ont permis à l’Afrique de se libérer de cette forme pernicieuse de domination qui s’appelle colonialisme. Contre le racisme et pour la défense des libertés, des africains ont versé leur sang, pendant les guerres fratricides de 1939-1945 et de 1914-1918. Chaque étape historique a coïncidé avec un type d’agression. Et à chaque fois, des africains ont fait face à cette puissante machine destructrice, qui s’appelle Ordre Mondial Etabli. Un ordre qui nous ignore, nous méprise et nous confine dans ce qui s’appellerait tiers-monde et qu’on pourrait juste appeler « l’antichambre du vrai monde ». Notre génération a le devoir historique, sinon, l’obligation de détecter les formes d’agression moderne, pernicieuse, savamment orchestrée, dans le seul but de consolider notre aliénation économique, culturelle et politique. Détecter et résister, résister et inverser les tendances, missions essentielles que chaque intellectuel africain devra assumer, au nom des générations futures. L’Afrique ne doit plus seulement résister. Il faut trouver des mécanismes plus offensifs, plus imaginatifs pour faire de notre continent, un maillon essentiel dans la marche du monde. Le pillage de nos matières premières, la balkanisation du continent, la fracture numérique, les maladies mondialement transmissibles, les APE, l’analphabétisme, l’absence d’infrastructures, la faim, la soif, le binôme aide et autres, agressent l’Afrique et l’asservissent. Force est d’accepter le mérite du Président Abdoulaye Wade qui a défini et identifié des types d’agression, en proposant pour chacune d’elles, la forme de résistance la mieux adaptée aux préoccupations des masses populaires africaines. On peut citer des formes de résistances modernes qui s’appellent fond de solidarité numérique, l’assurance contre les maladies mondialement transmissibles, les Accord de Partenariat pour le Développement, à la place des APE, les infrastructures pour régler les problèmes de développement de l’Afrique et l’option de mettre 40% du budget fonctionnel dans l’éducation. A ces formes de résistances, il faut ajouter le combat pour les Etats Unis d’Afrique, l’instauration de la parité homme-femme à la Commission de l’Union Africaine, la nécessité de la radioscopie de la dette et l’urgence de rompre le binôme Aide -Crédit, qui confine l’Afrique dans un perpétuel état de survie, nécessitant une perfusion continue. Il est clair que le nom du Président Wade, semble coller à la lutte. En ces moments de tempête où l’Afrique renvoie à l’analphabétisme, à la misère et à la pauvreté, doit-on, au nom de la solidarité envers un compatriote qui dirige la FAO, demander au Président WADE, d’opter pour un silence complice, de se taire, pour respecter un certain conformisme et ne pas bousculer la quiétude des tenants de l’Ordre Mondial Etabli. Cet Ordre Mondial Etabli qui porte en lui, des plaies purulentes qui s’appellent : 800 millions de personnes souffrant de famines dont 1/4 d’enfants de malnutrition, une pauvreté qui touche plus de 70% de la population rurale, une personne qui meurt par seconde de paludisme, un SIDA qui s’est tiers mondialisé. Nous sommes certes fiers que la FAO soit dirigée par un africain, mais notre plus grande fierté, sera de dire que le monde libre a soigné ses plaies purulentes. Le monde mérite-t-il le qualificatif de libre, si prés d’un milliard de personnes sont esclaves de la faim ? Peut-on, au nom de la fierté de voir Monsieur Jacques Diouf, à la tête de la FAO, faire l’économie du diagnostic de ce système d’aide internationale, piégé au départ, qui pendant 60 ans ou plus d’existence, n’a offert et ne continue d’offrir aux masses populaires Africaines, que la seule perspective de la survie ? Faut-il perpétuer machinalement le même système ou inventer de nouvelles formules, plus aptes à répondre à la nouvelle Afrique, debout et décidée de participer pleinement à la marche du monde. Après 60 ans d’aide et d’assistance, notre continent, semble être de ce 1/3 monde, qui en vérité, n’est que l’antichambre du « vrai monde ». Après tant d’années d’existence, le résultat est évident. Si l’objectif de départ, était une aide, qui aiderait l’Afrique, à se passer de l’aide, alors l’échec est patent. L’aide au développement, à cause de ses mécanismes et sous sa forme actuelle, est une aide à la survie qui a créé un réflexe de main tendue, qui simule à s’y méprendre, la mendicité. Devant ce constat amer, la question est de savoir que faire ? Il faut évoluer vers une Aide qui nous aiderait, à nous passer de l’aide. Il faut évoluer vers une prise en charge structurelle du problème de la faim qui touche un milliard de personnes dans le monde. Il faut évoluer vers une aide qui créera un monde libre. Car, un monde où 800 millions de personnes ont faim, n’est pas libre. Il faut évoluer vers une politique d’aide avec zéro intermédiaire atteignant directement les ayant droit et les ayant droit seulement.Il faut évoluer vers une demande participative impliquant en premier chef les africains. Il faut évoluer vers une aide qui permettra à l’Afrique de produire de la richesse en exploitant ses terres fécondes, en formant des centaines de milliers de cadres dans tous les domaines et en créant de la valeur ajoutée, dans l’exploitation des matières premières. Il est plus facile, pour le Camarade Président, d’opter pour le conformisme, de ne pas critiquer cet Ordre Mondial Etabli qui ignore l’Afrique. Mais le courage dicte dans ce cas précis à tous les intellectuels engagés, un anticonformisme discipliné, une remise en cause objective, une invite à un sursaut collectif pour inventer la nouvelle FAO, pour ne pas dire la nouvelle machine, avec de nouveaux mécanismes mieux adaptés aux exigences de l’Africain, incarné par Maître Abdoulaye Wade. Si le Président Wade dérange, c’est bien la quiétude de ces hommes enrichis par un système d’aide internationale, mais pas le milliard de personnes qui cherchent encore désespérément, à assurer deux repas par jour et de l’eau potable. A mon cher Jacques, ce que l’on peut faire et faire de pire dans cette situation où, malgré les multiples structures d’aide et d’assistance, prés d’un milliard de personnes ont faim, c’est de ne rien dire, de se conformer, de répéter machinalement un système avec les mêmes erreurs et les mêmes faiblesses. Le grand mérite du Président Wade en évoquant l’inefficacité de l’aide dans sa forme actuelle, est d’abord de poser le débat, ensuite, de libérer les intellectuels africains du conformisme endormissant et enfin d’engager l’humanité dans la perspective d’une aide (matériel agricole, tracteurs, etc.) qui aiderait l’Afrique à se passer de l’aide. A ce combat, mon cher Jacques, nous vous convions car, il est le seul qui mérite d’être gagné. OSER LUTTER, OSER VAINCRE. LA LUTTE CONTINUE... Docteur Bacar DIA Ministre des Sports et Loisirs Leader du Front Populair Dimanche 01 Juin 2008
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